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De JE SAIS à JE SUIS.

JE SAIS est une posture de l’ego qui répond à la croyance de l’utilité de s’assurer une place dans la vie, de s’affirmer pour exister face aux autres.
Comme beaucoup, j’ai poursuivi des études ‘supérieures’ persuadé que la connaissance serait un atout pour me positionner dans le monde.
Diplômé de littérature, j'ai lu une quantité d’ouvrages invraisemblable…d’ailleurs 'dévoré' serait plus approprié. Je n'en avais jamais assez. Résultat : j’ai passé mon temps pré-occupé à penser ma vie plutôt qu’à la vivre.

Je perçois aujourd'hui que tant que je cède aux sirènes de nouvelles lectures pour apprendre, savoir, expliquer…j'alimente la certitude d’avoir besoin de l’extérieur pour combler ce qui semble me manquer.

Avec le recul, ce que j’ai appris ne parvient finalement pas à me faire oublier qu’il existe tant de choses dont je n'ai pas la moindre idée. Et admettre que je sais si peu me libère de la nécessité d’accumuler davantage, fait retomber la pression que je mets inutilement. Sans compter que ne pas savoir n’empêche pas de cultiver son jardin, d’élever ses enfants ni de jouer aux échecs.
André Comte-Sponville précise qu’ ‘il n’y a que des connaissances toujours relatives, approximatives, provisoires, toujours en quelque chose douteuses ou sujettes à caution…’ Voilà qui aide à relativiser et nous interdit en tout cas de nous prendre trop au sérieux ! Vient un temps où la posture du sachant perd naturellement de sa saveur…accumuler du savoir ne conduit pas à une plus grande sérénité intérieure. Cela nourrit surtout un ego désireux de démontrer ses compétences, dissimulé sous une posture intellectuelle.
D’ailleurs, lorsque je lâche enfin ce besoin de comprendre…ça se détend intérieurement ! Il devient alors temps de passer de JE SAIS à JE SUIS.

L’acceptation totale de nos ignorances est la fin de la nécessité de connaître.’

Dans sa lecture des Béatitudes, Arnaud Desjardins désigne 'les pauvres en esprit’ comme ceux qui sont ‘prêts à abandonner leurs possessions intellectuelles, les certitudes acquises par le savoir.’

JE SUIS semble plus proche de la définition de Simon de Bignicourt ‘La connaissance est le fruit de l’expérience.’

JE SUIS est une présence depuis la paix intérieure, éclairée par la conscience.

JE SUIS invite à ne plus vivre dans l’auto-jugement permanent. S’accorder un regard doux sur notre parcours, nos difficultés, nos égarements, c’est faire le choix de ne plus les juger. Peut-on entrevoir l'utilité de chacune des expériences vécue pour nous conduire où nous en sommes aujourd’hui ?

En prenant soin d’apaiser les blessures qui entravent l'esprit (rancunes, regrets, culpabilités etc), il devient possible de laisser se dilater le coeur pour s’accepter pleinement dans nos contradictions et nos imperfections.

Ce faisant, il semble naturel d’offrir une même qualité de regard à l’autre.

Alors vais-je m’autoriser à demeurer dans l’ouverture et l’accueillir dans sa différence ?

Je ne prétends pas que c’est en toute circonstance ce qui est le plus simple. Comment ne pas se laisser emporter par la vague qui gronde parfois intérieurement devant l’attitude d’autrui ?
Si je me souviens qu’en définitive JE NE SAIS PAS ce qui motive l’autre, il est en mon pouvoir de renoncer à raisonner ce qui ne semble pas immédiatement faire sens…
Puis-je accepter que, depuis mon point de vue, ne disposant pas de l’ensemble des éléments, je ne saurais évaluer objectivement le comportement d’autrui ?

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